Publié le 4 juin 2026 — RonPoin.fr · ⏱️ Temps de lecture : 8 min
« En 2035, c’est fini, on n’achètera plus de voiture essence ou diesel neuve. » La phrase a tourné en boucle ces dernières années. 🔁 Mais à l’approche de la fameuse clause de révision, la réalité s’avère beaucoup plus nuancée. Faut-il encore croire à l’échéance de 2035 ? Et surtout : qu’est-ce que ça change concrètement pour vous aujourd’hui ? On démêle le vrai du flou.
📜 Le principe : ce qui a été voté
En 2022-2023, l’Union européenne a acté l’interdiction de vendre des voitures neuves à moteur thermique à partir de 2035. La mesure s’inscrit dans le Pacte vert européen 🌍 et l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Elle répond aussi à un enjeu stratégique : réduire la dépendance énergétique du continent, cruellement révélée par la crise gazière de 2022.
Pour y arriver, des paliers intermédiaires sont prévus dès 2030, avec une forte baisse des émissions de CO₂ imposée aux constructeurs (de l’ordre de -55 % pour les voitures particulières et -50 % pour les utilitaires légers par rapport aux niveaux de référence).
Sur le papier, le cap est clair. Dans les faits, il vacille.
⏳ La clause de revoyure, nerf de la guerre
Le texte de 2035 contenait dès le départ une clause de révision, initialement programmée en 2026, qui permet de réévaluer la faisabilité de l’objectif et d’intégrer d’éventuelles évolutions technologiques. Sous la pression de l’industrie, la Commission a même envisagé d’avancer cet examen. Le « paquet automobile » censé clarifier la trajectoire a connu plusieurs reports, signe des profondes divisions à Bruxelles.
Car l’Europe est loin de parler d’une seule voix :
- 🇪🇸 L’Espagne, qui a massivement investi dans la filière électrique, s’oppose à tout report.
- 🇩🇪 🇮🇹 L’Allemagne et l’Italie, sous la pression de leurs constructeurs, plaident pour une approche plus progressive et pour le maintien des carburants de synthèse (e-fuels).
- 🇫🇷 La France occupe une position intermédiaire (voir ci-dessous).
Au cœur des tensions, un blocage inattendu : le conflit d’intérêts entre constructeurs et équipementiers, qui a contribué à faire dérailler les négociations sur l’ensemble du paquet.
🇫🇷 La position française a évolué
Paris maintient officiellement son engagement vers une mobilité décarbonée, mais le ton a changé. La France défend désormais une « préférence européenne » : valoriser les véhicules, batteries et composants fabriqués sur le continent face à la concurrence asiatique, et notamment chinoise. Elle évoque aussi une « neutralité technologique conditionnelle », reconnaissant qu’une trajectoire exclusivement électrique pourrait fragiliser certains sites industriels.
Cette inflexion se retrouve d’ailleurs dans les aides nationales : en 2026, le bonus à l’achat est majoré pour les véhicules produits en Europe avec une batterie européenne. La logique « décarbonation + souveraineté industrielle » s’impose peu à peu.
🔧 Les options sur la table
Plusieurs pistes d’assouplissement sont discutées sans remettre en cause l’horizon 2035 lui-même :
- ⛽ Les e-fuels : autoriser certains moteurs thermiques fonctionnant aux carburants de synthèse neutres en carbone.
- 🔌 Les hybrides rechargeables : leur accorder un sursis au-delà de 2035 dans certains cas.
- 🚐 Les utilitaires légers : un traitement spécifique, calendrier potentiellement décalé.
- 🇪🇺 Une préférence européenne : conditionner avantages et bonus à une production locale.
🧭 Ce que ça change pour vous : pas de panique
Concrètement, le scénario qui se dessine n’est pas un arrêt brutal du thermique, mais une transition graduelle, avec une coexistence prolongée des motorisations. Pour l’automobiliste, retenez trois choses :
- ✅ Votre voiture actuelle continue de rouler. Seule la vente de modèles neufs est visée en 2035 ; le thermique d’occasion circulera et se revendra bien au-delà.
- 📈 Le marché tranche déjà la question. L’électrique représenterait près de 30 % des voitures neuves vendues dans le monde en 2026 (selon l’Agence internationale de l’énergie). La bascule est engagée, indépendamment du calendrier politique.
- ⚠️ L’incertitude réglementaire a un coût. Pour les constructeurs comme pour les acheteurs, elle complique les choix d’investissement et peut peser sur la valeur de revente des thermiques à long terme.
🤔 Comment décider aujourd’hui ?
- 🛣️ Raisonnez en usage réel, pas en date couperet : kilométrage annuel, type de trajets, possibilité de recharger.
- 💶 Pensez coût total de possession (achat, énergie, entretien, taxes, décote) plutôt que prix d’achat seul.
- 📉 Surveillez la décote du diesel sur les gros rouleurs : la tendance de fond reste défavorable au thermique.
- 🔋 Si vous hésitez, l’hybride peut être une transition confortable, mais attention au malus qui se durcit sur les modèles les plus émetteurs.
✅ Ce qu’il faut retenir
L’interdiction de 2035 reste officiellement en vigueur, mais elle s’assouplit au fil des négociations, avec une révision attendue sur la période 2026-2027. Pour les conducteurs, la vraie question n’est plus « thermique ou électrique en 2035 ? » mais « quelle motorisation correspond à mes usages aujourd’hui ? ». Et là, plus que jamais, mieux vaut un choix réfléchi qu’une décision dictée par la peur d’une date.
❓ FAQ
Pourrai-je encore rouler en thermique après 2035 ? Oui. L’interdiction ne concerne que la vente de voitures neuves, pas la circulation ni l’occasion.
Les e-fuels vont-ils sauver le moteur thermique ? C’est en discussion, mais leur disponibilité et leur coût restent des inconnues majeures.
Faut-il acheter un thermique aujourd’hui ? Possible si votre usage le justifie, mais anticipez une décote et des restrictions de circulation croissantes en ville (ZFE).
🔵 2035, e-fuels, hybride rechargeable… RonPoin traduit la réglementation en conseils concrets pour votre prochain achat. RonPoin — le seul rond-point qui mène à la bonne route. 🛣️